Avec 485 places, l'établissement pénitentiaire de Saint-Martin-de-Ré en Charente- Maritime est la plus importante centrale de France, et l'administration pénitentiaire, avec 285 salariés, le principal employeur de l'île de Ré. Ce cas est sans doute unique en France et aussi en Europe, d'une prison située en plein cœur d'un espace touristique renommé, sur la commune de Saint-Martin, la "capitale" de l'île-de-Ré, passage obligé pour tous les touristes et vacanciers.
À compter de la Libération, l'espace local fut marqué par la présence simultanée de l'institution pénitentiaire et de l'institution touristique. Celle-ci était à peine embryonnaire avant-guerre. Celle-là n'était qu'un dépôt géré par vingt-cinq fonctionnaires, recevant deux fois par an pendant guère plus d'une vingtaine de jours, bagnards et forçats dans l'attente de leur embarquement pour le bagne de Guyane.
À la Libération, en application du décret-loi de juin 1938 abolissant la transportation, le dépôt devint un centre pénitentiaire puis une centrale.
Jean-Marie RENOUARD, maître de conférences à l’Université Victor Ségalen-Bordeaux II et chercheur au CESDIP mène, depuis plusieurs années, des recherches sur les déviances et la sécurité. (lire) |